Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 3.djvu/292

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RICHARD

— Aussi bon jour à mon cher lord chambellan ! — Vous êtes le très-bienvenu à ce grand air. — Comment votre seigneurie a-t-elle supporté l’emprisonnement ?


HASTINGS

— Avec patience, noble lord, comme il convient aux prisonniers. — Mais j’espère vivre, milord, pour remercier — ceux qui ont été cause de mon emprisonnement.


RICHARD

— Sans doute, sans doute ; et Clarence l’espère bien aussi ; — car ceux qui ont été vos ennemis sont les siens, — et ils l’ont emporté sur lui, comme sur vous.


HASTINGS

— Tant pis que l’aigle soit en cage, — quand les milans et les buses pillent en liberté.


RICHARD

— Quelles nouvelles au dehors ?


HASTINGS

— Pas de nouvelle aussi mauvaise au dehors qu’au dedans. — Le roi est malade, faible et mélancolique, — et ses médecins craignent fortement pour lui.


RICHARD

— Voilà, par saint Paul, une mauvaise nouvelle en effet ! — Oh ! il a suivi longtemps un régime funeste, — et il a par trop épuisé sa royale personne : — c’est chose bien douloureuse à penser ! — Mais quoi ! est-il au lit ?


HASTINGS

Oui.


RICHARD

— Allez le trouver ; je vais vous suivre.

Hastings sort.

— Il ne peut pas vivre, j’espère ; mais il ne doit pas mourir — que George n’ait été expédié en train de poste pour le ciel. — Je vais chez le roi, pour exciter encore sa