Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 4.djvu/491

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je n’avais pas eu l’intention de le rendre furieux. Il a répondu : Si j’étais furieux, je saurais bien retourner derrière moi la boucle de mon ceinturon. » Il paraît que dans la vieille Angleterre les lutteurs de profession portaient une ceinture dont ils repoussaient la boucle derrière eux au moment de se battre. Cette habitude de retourner la ceinture serait devenue ainsi l’équivalent d’une provocation.

(26) La première édition connue du Conte d’hiver est celle de 1623. Cette pièce est une des dernières que composa et que fit jouer Shakespeare. Un certain docteur, Simon Forman, dont on a retrouvé récemment le curieux journal, en a fait une analyse minutieuse, après une représentation à laquelle il assista, au théâtre du Globe, le 15 mai 1611. Elle devait être alors dans toute sa nouveauté ; car, pendant cette même année 1611, elle fut jouée pour la première fois devant la cour à Whitehall, ainsi qu’en fait foi le registre officiel des Menus-Plaisirs par la mention suivante :

1611
Les comédiens du roi Le 5 novembre : une pièce intitulée
Le Conte d’une nuit d’hiver.

La pièce eut sans doute un grand succès, car elle fut reprise au tréâtre de la cour, en mai 1613, à l’époque des fêtes splendides données par Jacques Iier à l’électeur palatin, et, plus tard encore, en août 1623. D’après les conjectures fort plausibles de M. Collier, le Conte d’hiver dut être composé pendant l’hiver de 1610-1611 pour inaugurer la réouverture du théâtre du Globe par les comédiens du roi, au commencement de l’été.

(27) C’était un préjugé populaire que les araignées étaient venimeuses. Dans l’affaire de sir Thomas Overbury, affaire qui émut toute l’Angleterre sous le règne de Jacques Ier, un des témoins cités contre la comtesse de Sommerset dit : « La comtesse me demanda de lui procurer le poison le plus fort que je pusse trouver, et, en conséquence, j’achetai sept grandes araignées et cantharides. »

(28) Un souvenir sinistre se rattache à cette danse. On peut lire dans la Chronique de Froissart le récit d’une soirée qui eut lieu à la cour en 1392, et où le roi Charles VI et cinq personnages, le comte de Jouy, le sire de Poitiers, le comte de Valentinois, le sire de