Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/139

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DEUXIÈME SERVITEUR.

Tout cela, pour être compté dans la société des hommes supérieurs ! Moi, j’aimerais mieux avoir un roseau dont je pourrais me servir qu’une pertuisane que je ne pourrais pas soulever.


PREMIER SERVITEUR.

Être admis dans les sphères hautes sans y faire sentir son action, c’est ressembler à ces orbites où les yeux ne sont plus et qui font un vide pitoyable dans le visage.


Fanfares. Entrent César, Antoine, Pompée, Lépide, Agrippa, Mécène, Enobarbus, Ménas et autres capitaines. Tous se mettent à table.

ANTOINE, à César.

— C’est ainsi qu’ils font, seigneur ; ils mesurent la crue du Nil — à une certaine échelle sur la pyramide, et ils savent, — selon le niveau élevé, bas ou moyen de l’étiage, s’il y aura disette — ou abondance. Plus le Nil monte, plus il promet : lorsqu’il se retire, le laboureur — sème son grain sur le limon et la vase, — et bientôt obtient moisson.


LÉPIDE, d’une voix avinée.

Vous avez là d’étranges serpents.


ANTOINE.

Oui, Lépide.


LÉPIDE.

Votre serpent d’Égypte naît de votre fange par l’opération de votre soleil : de même votre crocodile.


ANTOINE.

C’est vrai.


POMPÉE.

Asseyons-nous, et du vin. À la santé de Lépide.