Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/180

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ÉNOBARBUS.

Vous allez être fouetté.


ANTOINE, appelant.

— Holà ! qu’on vienne !

À Thyréus.

Ah ! mon oiseau de proie !… Par les dieux et les démons, — l’autorité fond sur moi ! Naguère, quand je criais : holà ! — comme des enfants qui se bousculent, des rois s’élançaient — me criant : Que voulez-vous ?… N’avez-vous pas d’oreilles ? Je suis — encore Antoine ?

Des serviteurs paraissent.

Emmenez-moi ce gueux, et fouettez-le.


ÉNOBARBUS.

— Mieux vaut jouer avec un lionceau, — qu’avec un vieux lion mourant.


ANTOINE.

Lune et étoiles ! — fouettez-le… Quand ils seraient là vingt des plus grands tributaires — qui reconnaissent César, si je les trouvais — à ce point insolents avec la main de cette femme… Comment se nomme-t-elle — depuis qu’elle n’est plus Cléopâtre ?… Donnez-lui le fouet, compagnons, — jusqu’à ce que vous le voyiez grimacer, comme un enfant, — et geindre en implorant merci… Emmenez-le.


THYRÉUS.

— Marc-Antoine…


ANTOINE.

Entraînez-le, et, dès qu’il sera fouetté, — ramenez-le… Ce valet de César — lui portera un message de notre part.

Les serviteurs emmènent Thyréus.
À Cléopâtre.

— Vous étiez à moitié flétrie avant que je vous connusse… Ah ! — Ai-je donc laissé à Rome l’oreiller