Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/268

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drai la chandelle et je regarderai… — À vos brillants ébats mon humeur noire ferait tache.


MERCUTIO.

— Bah ! la nuit tous les chats sont gris ! — Si tu es en humeur noire, nous te tirerons, sauf respect, du bourbier — de cet amour où tu patauges — jusqu’aux oreilles… Allons vite. Nous usons notre éclairage de jour…


ROMÉO.

— Comment cela ?


MERCUTIO.

Je veux dire, messire, qu’en nous attardant — nous consumons nos lumières en pure perte, comme des lampes en plein jour… — Ne tenez compte que de ma pensée : notre mérite — est cinq fois dans notre intention pour une fois qu’il est dans notre bel esprit.


ROMÉO.

— En allant à cette mascarade, nous avons bonne intention, — mais il y a peu d’esprit à y aller.


MERCUTIO.

Peut-on demander pourquoi ?


ROMÉO.

— J’ai fait un rêve cette nuit.


MERCUTIO.

Et moi aussi.


ROMÉO.

— Eh bien ! qu’avez-vous rêvé ?


MERCUTIO.

Que souvent les rêveurs sont mis dedans !


ROMÉO.

— Oui, dans le lit où, tout en dormant, ils rêvent la vérité.


MERCUTIO.

— Oh ! je le vois bien, la reine Mab vous a fait visite.