Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/369

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des filets et les hommes avec des flatteries, — mais quand je lui dis qu’il déteste les flatteurs, — il répond oui à cette flatterie suprême. — Laissez-moi faire. — Je puis donner à son humeur la bonne direction, — et je l’amènerai au Capitole.


CASSIUS.

— Eh ! nous irons tous le chercher chez lui.


BRUTUS.

— À huit heures, au plus tard, n’est-ce pas ?


CINNA.

— Oui, au plus tard, et n’y manquons pas.


MÉTELLUS.

— Caïus Ligarius est hostile à César — qui lui a reproché durement d’avoir bien parlé de Pompée. — Je m’étonne qu’aucun de vous n’ait pensé à lui.


BRUTUS.

— Eh bien, mon bon Métellus, allez le trouver : — il m’est dévoué, et je lui ai donné sujet de l’être. — Envoyez le ici et je le formerai.


CASSIUS.

La matinée avance sur nous. Nous vous laissons, Brutus. — Sur ce, amis, dispersez-vous ; mais rappelez-vous tous — ce que vous avez dit, et montrez-vous de vrais Romains.


BRUTUS.

— Braves gentilshommes, ayez l’air riant et serein. — Que notre visage ne décèle pas nos desseins. — Soutenons notre rôle, ainsi que nos acteurs romains, — avec une ardeur infatigable et une immuable constance. — Et sur ce, bonjour à tous (36).

Tous sortent, excepté Brutus.

Lucius ! enfant !… Il dort profondément !… Peu importe. — Savoure la rosée de miel dont t’accable le sommeil. — Tu n’as pas, toi, de ces images, de ces fantômes