Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/380

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— Je me tiendrai ici jusqu’à ce que César passe, — et je lui présenterai ceci comme une supplique. — Mon cœur déplore que la vertu ne puisse vivre — à l’abri des morsures de l’envie. — Si tu lis ceci, ô César, tu peux vivre ; — sinon, les destins conspirent avec les traîtres.

Il sort.

Scène VII.


[Devant la maison de Brutus.]


Entrent Portia et Lucius.

PORTIA.

— Je t’en prie, enfant, cours au sénat ; — ne t’arrête pas à me répondre, mais pars vite. — Pourquoi t’arrêtes-tu ?


LUCIUS.

Pour connaître mon message, madame.


PORTIA.

— Je voudrais que tu fusses allé et revenu, — avant que j’aie pu te dire ce que tu as à faire. — Ô énergie, reste ferme à mon côté ! Mets — une énorme montagne entre mon cœur et ma langue ! — J’ai l’âme d’un homme, mais la force d’une femme. — Qu’il est difficile aux femmes de garder un secret !… — Te voilà encore ici !


LUCIUS.

Madame, que dois-je faire ? — Courir au Capitole, et rien de plus ? — Revenir auprès de vous, et rien de plus ?


PORTIA.

Si fait, enfant, reviens me dire si ton maître a bonne mine, — car il est fort malade. Et note bien — ce que fait César, et quels solliciteurs se pressent autour de lui. — Écoute, enfant, quel est ce bruit ?


LUCIUS.

— Je n’entends rien, madame.