Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/389

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LE SERVITEUR, pliant le genou.

— Ainsi, Brutus, mon maître m’a commandé de m’agenouiller ; — ainsi Marc-Antoine m’a commandé de tomber à vos pieds, — et, m’étant prosterné, de vous parler ainsi : — « Brutus est noble, sage, vaillant ; — César était puissant, hardi, royal et aimable. — Dis que j’aime Brutus et que je l’honore. — Dis que je craignais César, l’honorais et l’aimais. — Si Brutus daigne permettre qu’Antoine — arrive sain et sauf jusqu’à lui et apprenne — comment César a mérité de mourir, — Marc-Antoine n’aimera pas César mort — autant que Brutus vivant ; mais il suivra la fortune et les intérêts du noble Brutus, — à travers les hasards de ce régime inexploré, — avec un entier dévouement ». Ainsi parle mon maître Antoine.


BRUTUS.

— Ton maître est un sage et vaillant Romain ; je ne l’ai jamais jugé pire. — Dis-lui que, s’il lui plaît de venir en ce lieu, — il sera éclairé, et que, sur mon honneur, — il partira sans qu’on le touche.


LE SERVITEUR.

Je vais le chercher immédiatement.

Il sort.

BRUTUS.

— Je sais que nous l’aurons facilement pour ami.


CASSIUS.

— Je le souhaite ; mais cependant j’ai un pressentiment — qui me le fait redouter ; et toujours mes justes appréhensions — tombent d’accord avec l’événement.


Rentre Antoine.

BRUTUS.

— Mais voici venir Antoine… Soyez le bienvenu, Marc-Antoine.