Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/394

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de la guerre ! — Toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions féroces ! — Et l’esprit de César, acharné à la vengeance, — ayant près de lui Até accourue toute brûlante de l’enfer, — ira dans ces contrées criant d’une voix souveraine : Pas de quartier ! et déchaînera les chiens de la guerre, — de telle sorte qu’enfin cet acte hideux exhalera partout, au-dessus de la terre, l’odeur — des cadavres, implorant la sépulture !


Entre un serviteur.

— Vous servez Octave César, n’est-ce pas ?


LE SERVITEUR.

— Oui, Marc-Antoine.


ANTOINE.

— César lui a écrit de venir à Rome.


LE SERVITEUR.

— Il a reçu la lettre, et il arrive ; — et il m’a chargé de vous dire de vive voix…

Apercevant le cadavre.

Oh ! César !


ANTOINE.

— Ton cœur est gros : retire-toi à l’écart et pleure. — L’émotion, je le vois, est contagieuse ! car mes yeux, — en voyant la douleur perler dans les tiens, — commencent à se mouiller. Est-ce que ton maître arrive ?


LE SERVITEUR.

— Il couche cette nuit à sept lieues de Rome.


ANTOINE.

— Retourne en hâte lui dire ce qui est arrivé. — Il y a ici une Rome en deuil, une Rome dangereuse, — une Rome qui pour Octave n’est pas encore sûre. — Cours, et dis-le-lui… Non pourtant, attends un peu. — Tu ne t’en retourneras pas que je n’aie porté ce cadavre — sur