Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/421

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BRUTUS.

Du désespoir causé par mon absence, — et de la douleur de voir le jeune Octave et Marc Antoine — grossir ainsi leurs forces : car j’ai appris cela — en même temps que sa mort. Elle en a perdu la raison, — et, en l’absence de ses familiers, elle a avalé de la braise.


CASSIUS.

— Et elle est morte ainsi !


BRUTUS.

Oui, ainsi.


CASSIUS.

Ô dieux immortels !


Entre Lucius, avec du vin et des flambeaux.

BRUTUS.

— Ne parlez plus d’elle… Donne-moi un bol de vin… — En ceci j’ensevelis tout ressentiment, Cassius.

Il boit.

CASSIUS.

— Mon cœur est altéré de ce noble toast. — Remplis, Lucius, jusqu’à ce que le vin déborde de la coupe. — Je ne puis trop boire de l’amitié de Brutus.

Il boit.


Rentre Titinius avec Messala.

BRUTUS.

— Entrez, Titinius ; bien venu, bon Messala ! — Maintenant asseyons-nous autour de ce flambeau, — et délibérons sur les nécessités du moment.


CASSIUS.

— Portia, tu as donc disparu !


BRUTUS.

Assez, je vous prie. — Messala, des lettres m’apprennent — que le jeune Octave et Marc Antoine — descendent sur