Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

aveuglé. — J’arrêterai, si je puis, mon amour égaré ; — sinon, j’userai de tout mon pouvoir pour la séduire !

Il sort.

Scène VIII.


[Milan. Une rue.]


Entrent Diligence et Lance.

DILIGENCE.

Lance ! sur mon honneur, tu es le bienvenu à Milan.


LANCE.

Ne te parjure pas, doux jouvenceau, je ne suis pas le bienvenu. Je calcule toujours qu’on n’est jamais perdu tant qu’on n’est pas pendu, ni bienvenu quelque part tant que certain écot n’a pas été payé et que l’hôtesse n’a pas dit : bienvenu !


DILIGENCE.

Allons ! cervelle folle, je vais te mener immédiatement à une taverne où, pour un écot de dix sous, tu seras dix mille fois le bienvenu… Mais dis-moi, drôle, comment ton maître s’est-il séparé de madame Julia ?


LANCE.

Ma foi, après s’être embrassés tout de bon, ils se sont séparés évidemment pour rire.


DILIGENCE.

Mais l’épousera-t-elle ?


LANCE.

Non.


DILIGENCE.

Comment ! alors il l’épousera, lui ?


LANCE.

Non plus.