Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/116

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le traiterai en ennemi — pour chercher auprès de Silvia une amitié plus douce. — Je ne puis plus être constant envers moi-même, sans user de trahison envers Valentin. — Cette nuit, il compte par une échelle de cordes — escalader la fenêtre de la céleste Silvia : — moi, son rival, je suis confident. — Eh bien ! je vais sur-le-champ révéler au père — leur déguisement et leur projet de fuite : — il sera furieux, et il exilera Valentin, — car il entend que Thurio épouse sa fille. — Mais, Valentin une fois parti, j’arrêterai vite, — par quelque adroite manœuvre, les lents progrès de ce stupide Thurio. — Amour, donne-moi tes ailes pour hâter mon projet, — comme tu m’as prêté ton génie pour le comploter.

Il sort.

Scène X.


[Vérone. Chez Julia.]


Entrent Julia et Lucette.

JULIA.

— Un conseil, Lucette ! assiste-moi, mignonne ! — Par ton affectueux dévouement, je te conjure, toi, — vivante tablette où toutes mes pensées — sont visiblement inscrites et gravées (6), — instruis-moi, dis-moi par quel moyen — je puis avec honneur rejoindre — mon bien-aimé Protée.


LUCETTE.

— Hélas ! la voie est fatigante et longue.


JULIA.

— Un pèlerin vraiment dévot ne se fatigue pas — de mesurer des royaumes de ses faibles pas : — encore moins celle qui vole sur les ailes de l’amour, — quand