Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/118

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en garde — contre les abords impertinents des libertins. — Gente Lucetle, prépare — moi un accoutrement — qui irait à un page de bonne maison.


LUCETTE.

— Eh bien donc, madame doit couper ses cheveux !


JULIA.

— Non, la fille ! je les tresserai avec des lacets de soie — en vingt boucles amoureuses et originales. — Un peu de fantaisie ne messied pas à une jeunesse — plus grave même que ne paraîtra la mienne.


LUCETTE.

— De quelle façon, madame, ferai je vos culottes ?


JULIA.

— C’est comme si tu disais : « Dites-moi, mon bon monsieur, — de quelle ampleur voulez-vous votre vertugadin ? » — Eh bien ! de la façon qui te plaira le plus, Lucette.


LUCETTE.

— Il faut absolument que vous la portiez avec la braguette, madame.


JULIA.

— Fi ! fi ! Lucette, ce serait indécent.


LUCETTE.

— Un haut-de-chausses, madame, ne vaut pas une épingle — si vous n’avez pas une braguette où attacher vos épingles.


JULIA.

— Si tu m’aimes, Lucette, donne-moi — ce que tu croiras le plus convenable et le plus élégant. — Mais dis-moi, fillette, qu’est-ce que le monde pensera de moi — pour avoir entrepris un si aventureux voyage ? — Je crains de faire scandale.