Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/229

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Entre Tubal.

SHYLOCK.

Eh bien, Tubal, quelles nouvelles de Gênes ? As-tu trouvé ma fille ?


TUBAL.

J’ai entendu parler d’elle en maint endroit, mais je n’ai pas pu la trouver.


SHYLOCK.

Allons, allons, allons, allons ! Un diamant qui m’avait coûté à Francfort deux mille ducats, perdu ! Jusqu’à présent la malédiction n’était pas tombée sur notre nation ; je ne l’ai jamais sentie qu’à présent… Deux mille ducats que je perds là, sans compter d’autres bijoux précieux, bien précieux ! Je voudrais ma fille là, à mes pieds, morte, avec les bijoux à ses oreilles ! Je la voudrais là ensevelie, à mes pieds, avec les ducats dans son cercueil !… Aucune nouvelle des fugitifs ! Non, aucune !… Et je ne sais pas ce qu’ont coûté toutes les recherches. Oui, perte sur perte ! Le voleur parti avec tant ; tant pour trouver le voleur ! Et pas de satisfaction, pas de vengeance ! Ah ! il n’y a de malheurs accablants que sur mes épaules, de sanglots que dans ma poitrine, de larmes que sur mes joues !

Il pleure.

TUBAL.

Si fait, d’autres hommes ont du malheur aussi. Antonio, à ce que j’ai appris à Gênes…


SHYLOCK.

Quoi ! quoi ! quoi ! un malheur ? un malheur ?


TUBAL.

A perdu un galion, venant de Tripoli.