Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/260

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ceci, le juif peut réclamer — une livre de chair, qui doit être coupée par lui — tout près du cœur du marchand… Sois clément, — prends trois fois ton argent et dis-moi de déchirer ce billet.


SHYLOCK.

— Quand il sera payé conformément à sa teneur ! — On voit que vous êtes un juge émérite ; — vous connaissez la loi ; votre exposition — a été péremptoire ; je vous somme, au nom de la loi — dont vous êtes le digne pilier, — de procéder au jugement. Je jure sur mon âme — qu’il n’est au pouvoir d’aucune langue humaine — de m’ébranler. Je m’en tiens à mon billet.


ANTONIO.

— Je supplie instamment la cour — de rendre son jugement.


PORTIA.

Eh bien ! le voici.

À Antonio.

— Il faut offrir votre poitrine à son couteau.


SHYLOCK.

— Ô noble juge ! ô excellent jeune homme !


PORTIA.

— Car la glose et l’esprit de la loi — agréent tout à fait avec la pénalité — stipulée clairement dans ce billet.


SHYLOCK.

— C’est très-vrai ! Ô juge sage et équitable ! — Combien tu es plus vieux que tu ne le parais !


PORTIA, à Antonio.

— Ainsi, mettez à nu votre sein.


SHYLOCK.

Oui, sa poitrine : — le billet le dit. N’est-ce pas, noble juge ? — Tout près de son cœur, ce sont les propres termes.