Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/267

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je dois retourner ce soir à Padoue, — et il convient que je parte sur-le-champ.


LE DOGE.

— Je suis fâché que vos loisirs ne vous laissent pas libre. — Antonio, rétribuez bien ce gentilhomme, — car vous lui êtes, selon moi, grandement obligé.

Le doge, les magnifiques et leur suite sortent.

BASSANIO, à Portia.

— Très-digne gentilhomme, mon ami et moi, nous venons d’être soustraits par votre sagesse — à une pénalité cruelle… Comme honoraires, — acceptez les trois mille ducats qui étaient dus au juif ; — nous nous empressons de vous les offrir pour un si gracieux service.


ANTONIO.

— Et de plus nous restons vos débiteurs — pour toujours, en affection et dévouement.


PORTIA.

— Est bien payé qui est bien satisfait. — Moi, je suis satisfait de vous avoir délivrés, — et par conséquent je me tiens pour bien payé. — Mon âme n’a jamais été plus mercenaire que ça. — Je vous prie seulement de me reconnaître quand nous nous rencontrerons : — je vous souhaite le bonjour, et, sur ce, je prends congé de vous.


BASSANIO.

— Cher monsieur, il faut absolument que j’insiste auprès de vous. — Acceptez quelque souvenir de nous, comme tribut, — sinon comme salaire. Accordez-moi deux choses, je vous prie, — l’une, c’est de ne pas me refuser ; l’autre, c’est de me pardonner.


PORTIA.

— Vous me pressez si fort que je cède.

À Antonio.

— Donnez-moi vos gants, je les porterai en mémoire de vous.