Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/298

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Entre Lebeau.

ROSALINDE.

La bouche pleine de nouvelles.


CÉLIA.

Qu’il va nous dégorger, comme un pigeon nourrit ses petits.


ROSALINDE.

Alors nous allons être farcies de nouvelles.


CÉLIA.

Tant mieux ; nous n’en serons que plus achalandées. Bonjour, monsieur Lebeau. Quelle nouvelle ?


LEBEAU.

Belle princesse, vous avez perdu un bien bon divertissement.


CÉLIA.

Un divertissement ? De quelle couleur ?


LEBEAU.

De quelle couleur, madame ? Comment puis-je vous répondre ?


ROSALINDE.

Comme le voudront votre esprit et la fortune.


PIERRE DE TOUCHE.

Ou comme le décréteront les destins.


CÉLIA.

Bien dit. Voilà une phrase vite maçonnée.


PIERRE DE TOUCHE.

Si jamais ma verve rancit !


ROSALINDE.

Tu cesseras d’être en bonne odeur.


LEBEAU.

Vous me déconcertez, mesdames. Je vous aurais parlé d’une bonne lutte dont vous avez perdu le spectacle.