Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/299

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ROSALINDE.

Dites-nous toujours les détails de cette lutte.


LEBEAU.

Je vais vous dire le commencement, et, s’il plaît à Vos Grâces, vous pourrez voir la fin ; car le plus beau est encore à faire, et c’est ici même, où vous êtes, qu’ils viennent l’accomplir.


CÉLIA.

Eh bien, voyons ce commencement qui est mort et enterré.


LEBEAU.

Voici venir un vieillard et ses trois fils…


CÉLIA.

Je pourrais adapter ce commencement à un vieux conte.


LEBEAU.

Trois beaux jeunes gens de taille et de mine excellentes…


ROSALINDE.

Avec des écriteaux au cou disant : À tous ceux qui verront ces présentes, salut !


LEBEAU.

L’aîné des trois a lutté avec Charles le lutteur du duc, lequel Charles l’a renversé en un moment et lui a brisé trois côtes, si bien qu’il y a peu d’espoir de le sauver. Le second a été traité de même, et de même le troisième. Ils sont là-bas gisants ; le pauvre vieillard, leur père, se lamente si douloureusement sur leurs corps que tous les spectateurs prennent son parti en pleurant.


ROSALINDE.

Hélas !


PIERRE DE TOUCHE.

Mais, monsieur, quel est le divertissement que ces dames ont perdu ?