Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CÉLIA.

Oui. Adieu, beau gentilhomme.

Elles s’éloignent.

ORLANDO.

— Ne puis-je même pas dire merci ? Mes facultés les plus hautes — sont abattues, et ce qui reste debout ici — n’est qu’une quintaine, un bloc inanimé.


ROSALINDE, revenant vers Orlando.

— Il nous rappelle… Ma fierté est tombée avec ma fortune : — je vais lui demander ce qu’il veut… Avez-vous appelé, messire ?… — Messire, vous avez lutté à merveille et vaincu — plus que vos ennemis.


CÉLIA.

Venez-vous, cousine ?


ROSALINDE.

— Je suis à vous… Adieu.

Sortent Rosalinde et Célia.

ORLANDO.

— Quelle émotion pèse donc sur ma langue ? — Je n’ai pu lui parler, et pourtant elle provoquait l’entretien.


Rentre Lebeau.

ORLANDO.

— Ô pauvre Orlando ! tu es terrassé : — si ce n’est Charles, quelque créature plus faible t’a maîtrisé.


LEBEAU.

— Beau sire, je vous conseille en ami — de quitter ces lieux. Bien que vous ayez mérité — de grands éloges, de sincères applaudissements et l’amour de tous, — pourtant telle est la disposition du duc — qu’il interprète à mal tout ce que vous avez fait. — Le duc est fantasque : ce qu’il est au juste, — c’est à vous de le concevoir plutôt qu’à moi de le dire.