Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/306

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ORLANDO.

— Je vous remercie, monsieur… Ah ! dites-moi, je vous prie, — laquelle était la fille du duc, de ces deux dames — qui assistaient à la lutte ?


LEBEAU.

— Ni l’une ni l’autre, si nous eu jugeons par le caractère ; — pourtant, en réalité, c’est la plus petite qui est sa fille. — L’autre est la fille du duc banni ; — son oncle l’usurpateur la délient ici — pour tenir compagnie à sa fille : leur mutuelle affection — est plus tendre que le naturel attachement de deux sœurs. — Mais je puis vous dire que, depuis peu, ce duc-ci a conçu du déplaisir contre sa gentille nièce — par cet unique motif — que le peuple la loue pour ses vertus — et la plaint pour l’amour de son bon père. — Je gage, sur ma vie, que sa rage contre elle — éclatera brusquement… Messire, adieu. — Plus tard, dans un monde meilleur que celui-ci, — je solliciterai de vous une amitié et une connaissance plus étroites.


ORLANDO.

— Je vous suis grandement obligé : adieu !

Lebeau sort.

— Maintenant il me faut passer de la fumée à l’étouffoir, — d’un duc tyran à un frère tyran… — Ah ! céleste Rosalinde !

Il sort.

Scène III.


[Dans le palais ducal.]


Entrent Célia et Rosalinde.

CÉLIA.

Eh bien, cousine ! eh bien, Rosalinde !… Cupido, un peu de pitié ! Pas un mot ?