Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/312

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CÉLIA.

— Comment t’appellerai-je, quand tu seras un homme ?


ROSALINDE.

— Je ne veux pas un moindre nom que celui du propre page de Jupin. — Ainsi ayez soin de m’appeler Ganimède. — Et vous, comment voulez-vous vous appeler ?


CÉLIA.

— D’un nom qui soit en rapport avec ma situation : Célia n’est plus, je suis Alénia.


ROSALINDE.

— Dites donc, cousine, si nous essayions d’enlever — de la cour le fou de votre père ? — Est-ce qu’il ne serait pas un soutien pour nous dans notre pérégrination ?


CÉLIA.

— Il irait au bout du monde avec moi : — laisse-moi seule le séduire. Vite — allons réunir nos joyaux et nos richesses ; puis choisissons le moment le plus propice et la voie la plus sûre — pour nous dérober aux recherches qui seront faites — après notre évasion. Marchons avec joie, — non vers l’exil, mais vers la liberté.

Elles sortent.

Scène IV.


[Une grotte dans la forêt des Ardennes.]


Entrent le vieux duc, Amiens et d’autres seigneurs, en habits de veneurs.

LE DUC.

— Eh bien, mes compagnons, mes frères d’exil, — la vieille habitude n’a-t-elle pas rendu cette vie plus douce — que celle d’une pompe fardée ? Cette forêt n’est-