Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/316

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et les perquisitions — pour rattraper ces folles vagabondes.

Ils sortent

Scène VI.


[Devant la maison d’Olivier.]


Orlando et Adam se croisent.

ORLANDO.

Qui est là ?


ADAM.

— Quoi !… mon jeune maître ! Ô mon bon maître, — ô mon cher maître, ô image — du vieux sire Roland ! que faites-vous donc ici ? — Pourquoi êtes-vous vertueux ? Pourquoi les gens vous aiment-ils ? — Et pourquoi êtes-vous doux, fort et vaillant ? — Pourquoi, imprudent, avez-vous terrassé — le champion ossu de ce duc fantasque ? — Votre gloire vous a trop vite devancé ici. — Savez-vous pas, maître, qu’il est certains hommes — pour qui leurs qualités sont autant d’ennemis ? — Vous êtes de ceux-là ; vos vertus, mon bon maître, — ne sont à votre égard que de saintes et pures traîtresses. — Oh ! qu’est-ce donc qu’un monde où toute grâce — empoisonne qui elle pare ?


ORLANDO.

— Voyons, de quoi s’agit-il ?


ADAM.

Ô malheureux jeune homme ! — Ne franchissez pas cette porte. Sous ce toit — loge l’ennemi de tous vos mérites. — Votre frère… non, pas votre frère… Le fils… — non pas le fils ! je ne veux pas l’appeler le fils — de celui que j’allais appeler son père… — a appris votre triomphe ; cette nuit même il se propose — de mettre le feu au logis où vous avez l’habitude de coucher, — et de