Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/321

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de moi. Nous autres, vrais amoureux, nous nous livrons à d’étranges caprices : mais, de même que tout est mortel dans la nature, de même toute nature atteinte d’amour est mortellement atteinte de folie.


ROSALINDE.

Tu par les spirituellement, sans y prendre garde.


PIERRE DE TOUCHE.

Ah ! je ne prendrai jamais garde à mon esprit que quand je me serai brisé contre lui les os des jambes.


ROSALINDE.

— Jupin ! Jupin ! La passion de ce berger — a beaucoup de la mienne.


PIERRE DE TOUCHE.

— Et de la mienne : mais elle commence un peu à s’éventer chez moi.


CÉLIA, montrant Corin.

— De grâce, que l’un de vous demande à cet homme-là — si pour de l’or il veut nous donner à manger. — Je suis presque mourante de faiblesse.


PIERRE DE TOUCHE, appelant.

— Holà, vous, rustre !


ROSALINDE.

Silence, fou ! il n’est pas ton parent.


CORIN.

— Qui appelle ?


PIERRE DE TOUCHE.

Des gens mieux lotis que vous, messire.


CORIN.

— Pour ne pas l’être, il faudrait qu’ils fussent bien misérables.


ROSALINDE.

Paix, te dis-je !… Bonsoir à vous, l’ami !


CORIN.

— Et à vous, gentil sire, et à vous tous !