Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/322

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ROSALINDE.

— Je t’en prie, berger, si l’humanité ou l’or — peut nous procurer un gîte dans ce désert, — conduis-nous quelque part où nous puissions trouver repos et nourriture. Voici une jeune fille accablée de fatigue et qui succombe de besoin.


CORIN.

Beau sire, je la plains — et je souhaiterais, bien plus pour elle que pour moi, — que la fortune me rendît plus facile de la secourir. — Mais je suis le berger d’un autre homme, et je ne tonds pas les brebis que je fais paître. — Mon maître est de disposition incivile — et se soucie fort peu de s’ouvrir le chemin du ciel — en faisant acte d’hospitalité, — En outre, sa cabane, ses troupeaux et ses pâtis — sont maintenant en vente, et dans notre bergerie, — à cause de son absence, il n’y a rien — pour vous à manger. Mais venez voir ce qu’il y a, — et il ne tiendra pas à moi que vous ne soyez parfaitement reçus !


ROSALINDE.

— Qui donc doit acheter ses troupeaux et ses pâturages ?


CORIN.

— Ce jeune berger que vous venez de voir — et qui pour le moment se soucie peu d’acheter quoi que ce soit.


ROSALINDE.

— Si la loyauté ne s’y oppose en rien, je te prie — d’acheter la chaumière, le pâturage et le troupeau : — tu auras de nous de quoi payer le tout.


CÉLIA.

— Et nous augmenterons tes gages : j’aime cet endroit, — et j’y passerais volontiers mes jours.


CORIN.

— Assurément la chose est à vendre. — Venez avec moi. Si, information prise, vous aimez — le terrain, le