Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/413

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(30) « Le livre auquel il est fait ici allusion est un traité d’un certain Vincentio Saviolo, intitulé : De l’honneur et des querelles honorables, in-quarto imprimé par Wolf en 1594. La première partie de ce traité a pour titre : Discours fort nécessaire à tous les gentilshommes qui ont souci de leur honneur, touchant la façon de donner et de recevoir le démenti, d’où s’ensuivent le duel et le combat sous diverses formes et maints autres inconvénients, faute d’avoir la vraie science de l’honneur et la vraie intelligence et les termes qui sont ici expliqués. — Les titres des divers chapitres sont comme il suit : — I. Quelle est la raison pour laquelle la Partie à laquelle est donné le Démenti, doit devenir l’Agresseur et de la Nature des Démentis. — II. De la Méthode et de la Diversité des Démentis. — III. Des Démentis certains [ou directs]. — IV. Des Démentis conditionnels. — V. Du Démenti en général. — VI. Du Démenti en particulier. — VII. Des Démentis puérils. — VIII. Conclusions touchant la manière d’extorquer ou de rétorquer le Démenti [ou la contradiction querelleuse]. — Au chapitre des Démentis conditionnels, l’auteur, parlant de la particule Si, dit : « Les démentis conditionnels sont ceux qui sont donnés conditionnellement, par exemple, par un homme disant ou écrivant ces mots : Si tu as dit que j’ai fait affront à milord, tu en as menti ; Si tu le dis à l’avenir, tu en auras menti. Ces sortes de démentis donnent souvent lieu à de vives discussions verbales qui ne peuvent aboutir à aucune conclusion décisive. » Saviolo entend par là que deux adversaires ne peuvent parvenir à se couper la gorge tant qu’un Si les sépare. Voilà pourquoi Shakespeare fait dire à Pierre de Touche : « J’ai vu le cas où sept juges n’avaient pu arranger une querelle ; les adversaires se rencontrant, l’un d’eux eut tout bonnement l’idée d’un Si, comme par exemple : si vous avez dit ceci, j’ai dit cela ; et alors ils se serrèrent la main et jurèrent d’être frères. Votre si est l’unique juge de paix ; il y a une grande vertu dans le si. « Caranza était un autre de ces auteurs qui laisaient autorité en matière de duel. Fleicher le ridiculise avec esprit au dernier acte de son Pèlerinage d’amour. » — Warburton.


FIN DES NOTES.