Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/412

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(25) Shakespeare donne ici l’autorité de la poésie à une croyance populaire, d’après laquelle la tête du crapaud était censée renfermer une pierre précieuse, douée de prodigieuses vertus. Cette croyance était d’ailleurs confirmée par plus d’un savant livre. « Il est hors de doute, écrivait en 1569 le naturaliste Edward Fenton, qu’il y a dans la tête des vieux et gros crapauds une pierre appelée Borax ou Stelon. Elle se trouve le plus communément dans la tête du crapaud mâle, a le pouvoir d’empêcher l’empoisonnement et est un spécifique souverain contre l’affection de la pierre. » — Merveilles secrètes de la nature, in-quarto.

(26) « Il y a beaucoup de grâce dans cette petite ruse de Rosalinde : elle critique son amoureux, dans l’espoir d’être contredite, et quand Célia confirme ses accusations avec une complaisance malicieuse, elle se contredit elle-même plutôt que de laisser son favori sans défense. » Jonhson.

(27) Quiconque doit aimer aime à première vue.

Ce vers, cité ici par la bergère Phébé, est emprunté à un poëme de Marlowe, publié en 1598, Héro et Léandre. L’invocation au « pâtre enseveli » est un touchant souvenir adressé par l’auteur de Comme il vous plaira à l’auteur de Faust, ce jeune poète mort avant l’âge, dont j’ai raconté ailleurs la fin tragique[1].

(28) « On a élevé dans Cheapside un tabernacle en marbre gris curieusement sculpté, sous lequel est une statue de Diane en albâtre, dont les seins nus laissent jaillir de l’eau, amenée de la Tamise. » Stowe’s Survey of London, 1599.

(29) « Ceci est une épigramme à l’adresse des biographes qui, racontant la vie des philosophes de l’antiquité, tels que Diogène Laerce, Philostrate, Eunapius, etc., rapportaient comme des exemples de la plus haute sagesse les paroles et les actions les plus insignifiantes, » Warburton. — Un livre appelé les Dictons et les Paroles des Philosophes, avait été publié par Caxton en 1477. Il fut traduit du français en anglais par lord Rivers. Et c’est sans doute par cette version que Shakespeare a eu connaissance de ces pauvretés philosophiques. » Steevens.

  1. Le Faust anglais, chez Michel Lévy. In-18, 1858.