Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/101

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THÉSÉE

Pardonnez-nous, seigneur !…Levez-vous !… Mais comment
Vous trouve-t-on couchés ici, paisiblement,
Côte à côte, vous, deux rivaux ?
Deux bouillants ennemis ?… Par quel accord nouveau,
Calmant soudain le feu qui courait dans vos veines,
La haine s’endort-elle à côté de la haine ?


LYSANDRE

Monseigneur, excusez mes propos imprécis…
Je suis comme quelqu’un qui se réveille à peine…
Je ne sais pas, vraiment, comment je suis ici…
Cependant… Oui… Je crois… Oui, oui, je me rappelle,
C’est avec Hermia, seigneur, c’est avec elle
Que, résolu de fuir Athènes, j’ai passé
Par ce bois… Bien, seigneur ! Nous en savons assez !


ÉGÉE

Par ce bois…Bien, seigneur ! Nous en savons assez !
Je demande la loi contre lui ! Je réclame
La loi sévère qui punit l’enlèvement !

(À DÉMÉTRIUS)

Ils voulaient fuir, vois-tu, pour te voler ta femme,
Et me mettre en défaut de mes engagements !…


DÉMÉTRIUS

Seigneur, je connaissais, par Hélène, leur fuite
Et leurs projets ; la colère et la haine
M’ont dicté ma conduite ;
Et je les ai suivis, cependant qu’à ma suite
L’amour poussait Hélène !
Mais, par je ne sais quel étrange sortilège,