Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/106

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Le duc l’aurait payé ! Tu le méritais bien !
Douze sous pour jouer Pyrame ! C’était rien !…

Entre CULASSE.

CULASSE
Où sont ces braves cœurs ? Ces joyeux garnements ?

COING
Culasse ! Ô jour heureux ! Fortune sans pareille !…

CULASSE

Mes amis, je pourrais vous conter des merveilles !…
Mais je n’en ferai rien ! Vous croiriez que je mens !
Et c’est la vérité pourtant, incontestable !…


COING
Raconte ?…Pas un mot !… Je dirai seulement

CULASSE

Raconte ?…Pas un mot !… Je dirai seulement
Qu’il faut que vous vous habilliez,
Car le duc va sortir de table !
Attachez votre barbe et nouez vos souliers !
Puis, en route ! Au Palais ! Et que chacun contrôle
Une dernière fois son rôle !
La pièce est annoncée et le théâtre est prêt !
En tous cas que Thisbé mette du linge frais !
Que, surtout, le lion ne coupe pas ses ongles.
Ça lui donnera l’air d’un vrai lion des jongles !
Enfin, mes chers acteurs, ne mangez pas d’oignons !
Il faut que le public sente la pièce pleine
D’une suavité pareille à notre haleine !…
C’est compris ?… En avant ! En avant, compagnons !…

Ils sortent.