Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/107

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ACTE V


Scène I.

Athènes. — Une salle du palais de THÉSÉE.

Entrent THÉSÉE. HIPPOLYTE. PHILOSTRATE,
des seigneurs et leur suite.


HIPPOLYTE

Ce que nous ont conté ces amants me paraît
Étrange, monseigneur !Plus étrange que vrai !


THÉSÉE

Étrange, monseigneur !Plus étrange que vrai !
Jamais je n’ai pu croire à ces contes de fée !
Les amants et les fous ont la tête coiffée
De visions fumantes
Que les froids jugements de la raison démentent.
Chez tous les trois, l’amant, le poète et le fou,
L’imagination souveraine fermente !
Celui-ci voit l’enfer et ses démons partout !
L’amoureux, lui, revêt de la beauté d’Hélène
La négresse la plus noire et la plus vilaine !
Et quant à ce poète inspiré dont les yeux
Vont des cieux à la terre et de la terre aux cieux,