Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/122

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THISBÉ

Dors-tu, mon trésor ?
Chéri ? Es-tu mort ?
Rouvre donc tes yeux charmants !
Parle ! Es-tu sans voix ?
Sous un marbre froid
Faut-il placer mon amant ?
Ces lèvres vermeilles,
Ce nez de groseille,
Et ce teint de pissenlit ?…
Ô, pleurs superflus,
Je ne verrai plus
Ses grands yeux verts si jolis !
Parques, ô trois sœurs,
Déchirez mon cœur
De vos doigts blancs et flétris,
Puisque, sans broncher,
Vous avez tranché
Le filet de mon chéri !
Plus un mot, ma bouche !
Viens, glaive farouche,
Perce mon sein montagneux !
Adieu, mes amis.
Mon rôle est fini ;
Thisbé meurt ! Adieu ! Adieu !


Elle meurt.

THÉSÉE

C’est par la lune et le lion
Qu’ils vont donc être ensevelis ?


DÉMÉTRIUS
Et le mur !…Non, monsieur ! Le mur est démoli…