Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



THÉSÉE

Lysandre est fort bien, en effet ;
Tous les deux vont de pair ;
Mais si Démétrius convient à votre père,
Avouez cependant qu’il est le plus parfait !


HERMIA

Si mon père voyait avec mes yeux Comment ?


THÉSÉE

Si mon père voyait avec mes yeux… Comment ?
C’est à vous de juger selon son jugement,
Ma fille ! Monseigneur, pardonnez-moi, de grâce !


HERMIA

Ma fille ! Monseigneur, pardonnez-moi, de grâce !
J’ignore quel pouvoir me donne tant d’audace,
Et me pousse, en dépit de ma pudeur troublée,
À découvrir mon cœur devant cette assemblée ;
Mais je vous conjure, à genoux,
D’avoir la bonté de me dire
Ce qui peut m’arriver de pire
Si je refuse cet époux ?


THÉSÉE

C’est de subir la mort ou d’abjurer le monde !
Ainsi, belle Hermia, interrogez vos goûts.
Consultez votre cœur afin qu’il vous réponde
S’il est de force à supporter
Le silence et l’obscurité
Du cloître où traînera votre vie inféconde.
Croyez-vous étouffer cette flamme fébrile
Qui vous brûle le sang,
Par des hymnes chantés à la lune stérile ?
Oui, trois fois saintes sont ces femmes