Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/45

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HÉLÈNE

C’est vous qui m’attirez par votre cœur d’aimant !
Mon cœur n’est pas en fer pourtant, mais en acier,
Dur et pur comme un diamant !
Perdez votre pouvoir qui m’attire et m’enivre,
Je perdrai celui de vous suivre !


DÉMÉTRIUS

Est-ce que je te sollicite ?
Est-ce que mes propos ont manqué de franchise ?
Faut-il encor que je te dise
Que je ne t’aime pas ? Que je m’en félicite ?


HÉLÈNE

Hélas, c’est pour cela, peut-être.
Que je vous aime encore plus !
Je suis à vous Démétrius
Comme un épagneul à son maître !
Négligez-moi, repoussez-moi.
Et s’il faut que vous me frappiez,
Frappez-moi ! Je rampe à vos pieds !
Mais, toute indigne que je sois.
Laissez mon pauvre amour, tel le chien suit son maître
En promenade…


DÉMÉTRIUS

Tais-toi ! Le dégoût me pénètre
Lorsque je te sens sur mes pas !
Quand je te vois, je suis malade !…


HÉLÈNE

Et moi, quand je ne te vois pas !


DÉMÉTRIUS

Tu compromets vraiment ta pudeur à souhait !
Tu fuis la ville pour me suivre !