Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/92

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HERMIA

Je n’ai jamais été plus triste et plus brisée !
Les ronces ont griffé mes mains ;
J’ai les pieds mouillés de rosée ;
Mes jambes ne vont plus !… Si j’étais reposée,
Je retrouverais mon chemin !…
Ici, je vais un peu m’étendre…
Grands Dieux, veuillez m’entendre !
Et s’il se bat cette nuit ou demain,
Protégez mon Lysandre !…

Elle se couche à terre et s’endort.

PUCK

Tandis que, profondément,
Un sommeil lourd te possède,
Je vais poser mon remède
Sur tes yeux, aimable amant…

Il presse une herbe sur les yeux de LYSANDRE.

Quand le jour t’éveillera
Près de ta première amante,
Ton cœur se réjouira
De la trouver si charmante.
Ainsi cet adage ancien
Qui dit : « À chacun son bien »,
S’accomplit comme il convient :
Jean reprend Jeanne,
Martin son âne,
Et tout va bien !…

Il sort. Les autres dorment.