Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/13

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élevé des Andes, si j’avais pu, de là, le précipiter à leur pied. Je désirais le revoir, afin de faire retomber ma colère sur sa tête, et de venger la mort de Guillaume et de Justine.

Notre maison était celle du deuil. La santé de mon père était fortement ébranlée par l’horreur des derniers événemens. Élisabeth était triste et découragée ; elle ne trouvait plus de bonheur dans ses occupations accoutumées ; il lui semblait que tout plaisir était un sacrilège envers les morts ; elle pensait qu’une douleur éternelle et les larmes étaient le juste tribut qu’elle devait payer à l’innocence indignement sacrifiée. Ce n’était plus cette heureuse personne qui, quelques