Page:Sicard - Le Laurier Noir, 1917.djvu/74

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Dont l’éclat langoureux répand, en s’écrasant,
Sur la bouche enivrée, une goutte de sang.
Ô comme votre mort ressemble à votre vie !
Dans l’espace creusé par la houle ennemie,
Dans votre éternité vous gardez sur les mains
Tous les reflets d’amour serrés dans ce jardin.
C’est la vigne et le lys qui sont vos immortelles.
Drouot, malgré l’orage et la douleur fidèle,
Malgré la boue offerte au creux du chemin nu,
Malgré ce que je sais, malgré ce que j’ai vu,
Je ne puis vous imaginer qu’en la lumière
D’un manteau ruisselant de rubis et de lierre,
Pareil aux jeunes dieux que Vénus, au matin,
Fait danser sur un lit de grappes de raisins.