Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/117

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Devinèrent Socrate & Platon ; qu’Epictète
Comprenait ; que, pendant des siècles de tempête,
Le dégoût à la lèvre & la révolte au cœur,
Les foules, tressaillant sous le fouet du vainqueur,
Cherchaient au cloître obscur hors de ce monde infâme ;
Et que Huss, au milieu de son bûcher en flamme,
Retrouva pour les rendre à Luther & Calvin.
Tous les martyrs sont là vivants, & c’est en vain
Que le souffle qui vient de l’infini disperse
La poussière des morts oubliés, & renverse
Sur leurs cercueils brisés la pierre des tombeaux ;
Il sème par poignée, il jette par lambeaux
Leurs paroles au monde & leur œuvre à la vie.
Incessamment foulée, incessamment suivie,
La route qu’ils frayaient dans leur sublime essor
S’ouvre devant nos pas & s’élargit encor.
Le sillon lumineux qu’a laissé leur génie
Guide l’humanité sur leur trace bénie,
Et Dieu met dans la coupe où nous buvons l’espoir
Leurs larmes & leur sang versés pour le devoir.