Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/52

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Elle s’interrompit lorsque ses pauvres doigts
Furent soudain roidis par la paralysie.
L’épouvante, l’effroi dont elle fut saisie,
Le cri qui s’échappa de son cœur révolté,
L’horreur de reconnaître alors l’inanité
De sa foi, je ne puis ni ne dois le décrire.
Le doux apaisement de son dernier sourire
Révélait son secret à Celui qui voit tout.

Personne ne pleurait dans cette chambre. A bout
De forces, l’idiot courait dans la campagne
Sans savoir où. — Sa sœur, sa fidèle compagne,
Lui faisait peur avec ce sourire arrêté,
Où son œil éperdu lisait : Eternité !
La garde veillait seule auprès de ce cadavre.
La pauvre voyageuse avait gagné le havre,
Et l’oubli de chacun ne peignait que trop bien
Cette existence, dont l’épigraphe fut : Rien !