Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/80

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Car voici la saison du foyer, les longs, soirs
Dont la lampe, qu’on voit si blanche aux seuils plus noirs,
Devient l’étoile convulsive ;
Les longs mois qu’on dirait faits pour l’intimité,
Tant elle serait bonne à cet âtre enchanté
Où la flamme ailée est captive.

Mais, ô mon cœur, pourquoi sans cesse revenir
A ce que tu ne peux saisir ni retenir,
A ce qui reste l’impossible ?
Et pourquoi, dédaignant tout ce qui t’est donné,
Aux flèches d’un regret à peine détourné
T’offrir toujours comme une cible ?

Qui l’aurait cru ? la paix d’un sort modeste & doux,
Moins que la gloire dont tant d’autres sont jaloux,
Etait à conquérir aisée.
O mon cœur ! prie & chante & ramène tes vœux ;
Ce bien est le plus cher de tous ceux que tu veux :
Le parfum de la fleur brisée.

Hélas ! l’heure qui sonne emporte un jour encor,
Et l’attente stoïque a remplacé l’essor
Dont la puissance m’est ravie ;