Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/111

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J’entrai : mon espérance ici n’était pas vaine.
C’étaient bien les rosiers, le jasmin, la verveine,
Le grenadier chargé de boutons entr’ouverts.
Je les retrouvai tous, ces amis sympathiques,
Dans leurs charmes rustiques,
Oui, tous, jusqu’au grand buis aux rameaux toujours verts.

Qu’aviez-vous ce jour-là, fleurs dans l’abandon nées,
Que toutes vous étiez tristement inclinées,
Comme demandant grâce à ce soleil de feu ?
Vous, si fraîches un jour d’octobre, vous, si belles,
Pourquoi donc vos ombelles
Semblaient-elles tout bas murmurer un adieu ?

Je formai néanmoins de ces plantes mourantes
Un énorme bouquet aux senteurs enivrantes.
À peine des deux mains le pouvais-je tenir !
J’avais joint seulement à mes fleurs préférées
Quelques gerbes nacrées
D’orangers & de lys purs comme un souvenir.

Puis, montant l’escalier aux marches un peu hautes,
Que nous avions jadis gravi comme des hôtes
Sous le regard ami de la mère & du fils,