Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/122

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


APRÈS UNE LECTURE.


Henriette, Henriette, hélas ! combien de femmes
Ont conçu, comme toi, la sainte ambition
De rendre une âme belle à l’égal de leurs âmes,
Et meurent, comme toi, de leur déception !

Oh ! combien, comme toi, pauvre ange au noble rêve !
S’ensanglantent les pieds, se déchirent les mains
À vouloir soutenir une lutte sans trêve,
Et consument leur vie en efforts surhumains !

Combien ont cru pouvoir, dans un cœur jeune encore,
Verser l’enthousiasme & réveiller la foi,
En sentant, comme toi, l’amour qui les dévore
Se perdre sans écho, sont mortes comme toi !