Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/139

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LES PAPIERS DE FAMILLE.


Comme le vent d’automne emporte,
Pour les ranimer un instant,
Fleur desséchée & feuille morte,
En son tourbillon inconstant,

Dans ces lettres, tristes trophées,
Pauvre tas de papier jauni,
Vibre aussi par molles bouffées
Le grand souffle de l’infini.

Ô spectres qu’aujourd’hui je touche,
Chers inconnus que j’entrevois,
La mort en vain clôt votre bouche :
Jusqu’à moi parvient votre voix !