Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/145

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Mais, tandis que de grotte en grotte
Il errait, joyeux de son sort,
On le trahit, on le garrotte ;
Enfin on le condamne à mort.

Sur la place publique à Nîme
On roua vif le protestant,
Sans que, généreuse victime !
Sa foi faiblît un seul instant.

― Après cette noble figure
Qu’illumine un rayon d’en haut,
Tout rentre dans la nuit obscure
Où les documents font défaut.

Et maintenant, fleuve qui roule
De sombres flots multipliés,
Devant mes yeux passe la foule
Des inconnus, des oubliés.

Hélas ! ces flots aux ondes noires
Bientôt reviendront engloutir
Ces douces & chères mémoires
Qu’une heure j’en ai fait sortir.