Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/155

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LE BANC.


Lorsque je vais m’asseoir à mon banc favori,
Qu’il est tard, qu’il fait doux, que selon l’habitude
Mon petit chien me garde avec sollicitude,
Tous les songes aimés dont mon cœur s’est nourri
Reviennent à la fois peupler ma solitude.

C’est comme un bruit lointain de rires & de chants
Qui vibre encor dans ma mémoire trop fidèle ;
C’est comme un vol d’oiseaux, traversant d’un coup d’aile
Les plaines, les cités, les lacs, les monts, les champs,
Et gazouillant : « Allons nous reposer près d’elle ! »

Ainsi fait le vieillard, l’hiver, au coin du feu,
Quand il écoute en lui son passé, quand, morose