Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/166

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Les montagnes au sud, par l’ombre atténuées,
Agrafent sur leur sein le manteau de nuées
Dont la splendeur du soir revêt leur nudité ;
Le vent passe embaumé de thym, de menthe & d’ambre,
Et, couronné de fruits, voici venir septembre
Aussi doux que l’été.

Les ménages charmants des pinsons, des mésanges
Emplissent les rameaux de murmures étranges,
Ivres comme au printemps de leur nouvel amour ;
Et le paysan las, sa bêche sur l’épaule,
Aiguillonne ses bœufs avec sa grande gaule
Pour hâter le retour.

Au village à présent chaque foyer scintille.
Le jeune homme est assis près de la jeune fille :
En souriant, leurs deux mères les ont laissés ;
Sous le regard de Dieu, seuls, ils restent ensemble.
Lui, le cœur palpitant, la contemple ; elle, tremble
Les yeux sur lui fixés.

L’obscurité pourtant aux flancs de la montagne
Descend d’un pied furtif & peu à peu les gagne,
Quelques moments encore, ils ne se verront plus ;