Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/21

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Nous poussions à l’aspect des bizarres plumets,
Que notre fantaisie arborait sur l’oreille !
Ô joie aux grands éclats, toi qui nous animais,

Où donc es-tu ? dors-tu ? faut-il qu’on te réveille ?
Reviendras-tu bientôt ? as-tu fui pour toujours,
Douce fée enfantine à la lèvre vermeille ?…

Un jour vint toutefois après ces anciens jours
Où la nature fut à mes yeux comme vide,
Il fallait la peupler de vivantes amours.

Alors j’ouvris un livre inconnu, puis, avide,
Je le lus & relus pendant près de trois ans.
Qu’était la blonde Alice auprès de Zobéide ?

Et combien j’étais loin des rouges Mohicans,
Habitants des forêts, chasseurs de chevelures !
Car c’était le pays où sont les talismans,

Les palais merveilleux aux splendides tentures,
Les immenses jardins aux bosquets verdoyants,
Les eaux, les fleurs, les chants, les fines ciselures,