Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/20

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Dans les arbres jaunis, comme un cerf aux abois
Qui pleure & qui se plaint de sa course forcée
Lorsqu’il est pourchassé des chiens au fond des bois.

C’était, je m’en souviens, l’immortelle odyssée
Du grand Chasseur-de-daims, du Gros-serpent altier,
D’Uncas le cerf agile à la taille élancée.

Livre simple & puissant, qui gardes tout entier
Le sauvage parfum des forêts primitives
Et le chant de l’oiseau perdu dans le sentier,

Oh ! comme tu plaisais à nos âmes naïves !
Quelles émotions nous causaient tes combats !
Comme nous les aimions tes belles fugitives !

Et quand l’heure arrivait de prendre nos ébats,
Transformés tout à coup en guerriers fantastiques,
Poussant des cris affreux ou nous parlant tout bas,

Nous poursuivions, avec les sauvages tactiques,
Des Hurons, si peureux qu’on ne les vit jamais.
Quels rires nous avions ! quels hourras frénétiques