Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/23

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Vous étiez sûrement des houris en exil,
Et vous aviez perdu vos ailes azurées,
Filles de la rosée & du soleil d’avril !

Puis, comme repoussoir aux vierges éthérées,
Que défendaient si mal, dans leur pompeux sérail,
Les esclaves armés & les grilles dorées,

Je me souviens encor de l’étrange attirail
Du grand calife Haroun-al-Raschid si fantasque,
Toujours accompagné comme un épouvantail

De l’eunuque Mesrour à la chair noire & flasque,
Ridicule, peureux, bavard, sot, impudent,
Grimaçant comme un singe & laid comme un vieux masque ;

Et du cher Giaffar, le raisonneur prudent,
Le donneur de conseils au bon sens inflexible,
Aussi ferme vizir que souple confident.

Enfin je lus Homère : Achille l’irascible,
Beau comme un Apollon avec ses cheveux d’or,
Et ses compagnons d’arme à l’ardeur invincible,