Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/39

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MARGUERITE.

 
C’était un soir de juin paisible. Du midi
Le vent soufflait chargé d’un parfum attiédi,
Et les deux vieilles tours massives & carrées,
D’un rayon de soleil couchant étaient dorées.
Le ciel d’un bleu d’opale avait des tons charmants ;
Les arbres & les fleurs tressaillaient par moments ;
Partout les foins coupés dormaient sur les prairies.
On eût dit la nature en proie aux rêveries ;
Nous étions réunis tous au bout du jardin ;
Personne ne troublait le silence serein
Qui, du ciel calme & pur, tombait sur toutes choses
Et venait rafraîchir les hommes & les roses.
Moi, j’étais à l’écart, tenant sur mes genoux
Ma petite cousine aux grands yeux si doux :