Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/40

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C’est une ravissante enfant que Marguerite
Avec ses cheveux blonds, sa bouche si petite
Et son teint transparent. — Amour ou chérubin,
Dont rien n’altère encor le sourire divin !
Elle avait tant joué qu’elle était un peu lasse,
Et, comme on voit la fleur sous la brise qui passe
S’incliner, la mignonne avait fermé les yeux,
En appuyant sur moi son front pur & joyeux.
Enlacée à mes bras, elle était immobile ;
La lumière baignait son visage tranquille ;
Elle ne dormait pas, elle semblait rêver.
Et je la regardais se perdre & s’élever
Dans ce cher pays bleu, splendide & solitaire,
Où, depuis si longtemps, je vis loin de la terre.
Tout à coup quelqu’un dit en nous montrant ainsi :
« ― Vraiment, c’est un tableau tout à fait réussi.
« Et comme la petite à la grande ressemble ! »
« Nul n’y pensait avant qu’elles fussent ensemble.
« On dirait, n’est-ce pas ? à les regarder bien,
« Les deux sœurs, ou la mère & l’enfant. » L’entretien
Alors se renoua, sérieux ou frivole.
Autour de moi, chacun, ayant pris la parole,
Sur ce premier avis voulut donner le sien.
Mais, je n’écoutais plus, je n’entendais plus rien,