Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/85

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MORTE !

 
Morte ! oh ! serait-il vrai ? morte, pleine de vie !
À son calme avenir quel mal l’a donc ravie ?
Qui donc l’a pu frapper avant qu’elle eût vingt ans ?
Dans la fraîche candeur de ses premiers printemps,
Quand elle n’était pas au tiers de sa journée,
Quel souffle, pauvre fleur ! l’a si vite fanée ?
Ô malheureuse enfant ! le secret bien-aimé
Qu’à tous les yeux son cœur a tenu renfermé.
Son secret, je le sais ; sa douleur, je la sonde.
Je puis dire combien sa plaie était profonde
Et ce qu’elle a souffert pour en périr ainsi :
Celui que j’aime tant, elle l’aimait aussi.
Hélas ! mais sans secours, toute seule, éperdue,
Comme un oiseau qui fuit dans l’immense étendue,
Ne trouvant nulle part de pitié ni d’appui,